Réflexions du manifeste Utopia

L’activité d’Initiatives Solidaires trouve une résonance dans les réflexions du manifeste Utopia, dont voici des extraits de l’avant-propos :

« Nous souhaitons défendre le caractère diversifié des activités humaines indispensable à notre équilibre, qu’elles soient familiales, culturelles, associatives, politiques, amoureuses… Le travail doit retrouver sa « juste place ». Posons donc la question suivante sans ambiguïté : Et si, en défendant un autre idéal, une autre notion de la richesse, une autre vision du monde, la glorification aveugle du mérite et du travail n’avait plus de sens ? Alors, il faudrait accepter de changer de système et de promouvoir un système humaniste où la logique dominante n’est plus marchande, où l’essentiel n’est pas « économiquement mesurable ». Une société où la richesse se définit différemment. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 51

 

« En ce début de siècle, le capitalisme productiviste et financier est condamné, mais il ne le sait pas encore. Sa bonne santé apparente est spectaculaire et insolente. Il règne en maître sur la production des produits et services, sur la diffusion d’une culture mondialisée et a réussi à déconnecter le monde financier de l’économie réelle. Pourtant, des signes annonciateurs de sa fin commencent à apparaître : épuisement des ressources naturelles, dérèglement climatique, montée en puissance des inégalités, dégradation des conditions de vie sur terre, pollution de l’eau, de l’air et du sol, replis communautaires et religieux. Reprendre le combat des idées et du projet de société, lutter contre l’idéologie dominante pour laquelle croissance matérielle, épanouissement par la consommation et centralité de la valeur travail est l’horizon indépassable : voilà le socle, l’accord minimum qui permet à ceux qui partagent ce constat de nous rejoindre pour construire les fondations d’un alterdéveloppement. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 156

« La croissance n’a été capable ni de réduire la pauvreté, ni de renforcer la cohésion sociale. Un même taux de croissance peut signifier un accroissement ou une réduction des inégalités. Et une croissance illimitée dans un monde fini est une illusion. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 29

La consommation perd sa finalité première, qui est de répondre à un besoin : on consomme parce que les autres consomment. Parallèlement et paradoxalement, les modèles de réussite véhiculés par les médias et la publicité mettent toujours en avant l’exception, la distinction, la performance. Il faut consommer pour se distinguer, pour afficher sa différence, sa réussite. Cette instabilité oblige à jouer en permanence, à être toujours en représentation, même avec ses proches. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 40

« Tout se passe comme si le travail épuisait l’activité humaine. Or, d’une part l’activité humaine ne se réduit pas au travail, elle est au contraire multiple, et d’autre part, il me semble urgent de réduire la place occupée, réellement et symboliquement, par le travail précisément pour se laisser se développer d’autres activités très nécessaires aussi au bien-être individuel, à la réalisation de soi, au lien social… »- Dominique Méda – cité dans « Manifeste Utopia » – 2008, page 43

« Le travail est et demeure aliénant, aliénant par nature, parce qu’il résulte d’un rapport de subordination marchande entre les individus, servant un système dont la logique est étrangère à la notion même d’humanité. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 49

« La dette, au Nord comme au Sud, collective ou individuelle, est au cœur du modèle économique libéral actuel. Elle permet de transférer et prélever, par les intérêts, la richesse du travail vers le patrimoine des plus riches, ceux qui peuvent prêter. Pour réduire le paiement des intérêts de la dette, on met en place des politiques de rigueur au Nord et d’ajustement structurel au Sud. Toujours plus le plus grand bénéfice d’une minorité. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 85

« Héritières de l’histoire de l’économie sociale, les SCOP sont des entreprises autonomes, dont le capital est détenu par les salariés qui décident ensemble de leur avenir sur la base de la règle « une personne = une voix ». Les SCOP sont porteuses d’un autre partage de la valeur ajoutée, favorable aux travailleurs et au développement à long terme, et d’une autre vision des relations de travail, moins hiérarchiques. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 156


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s