La plus grande richesse

Article « La plus grande richesse », dans lequel Gérard Bureau campe le contexte général du travail et de l’accès à l’emploi pour les plus pauvres dans l’histoire récente de nos sociétés. Article paru dans la revue Quart Monde N°217 (http://www.editionsquartmonde.org)

 

« Tu vois mes mains ? » Cet homme de Noisy-le-Grand, qui avance ses mains sous notre regard en 2000, est en train de nous montrer que leur peau est maintenant trop lisse et trop blanche. Et il termine notre entretien avec ces mots, que nous notons devant lui : « J’ai besoin de travailler, si t’as pas de travail, t’existes même pas, t’es rien, déjà que je suis plus rien… » Et pourtant, il a une longue histoire de plus de vingt ans d’emploi qualifié avant la « dégringolade », pour lui due à la modernisation de son entreprise, qui l’a éjecté. Comme beaucoup d’autres personnes interviewées pour initier avec elles la création de l’entreprise qui deviendra TAE (Travailler et apprendre ensemble)(1), le chômage et la misère semblent cacher à la vue des autres son passé de travailleur, sa compétence et jusqu’à sa volonté de « tenir » au travail. Cette histoire n’est pas nouvelle et est partagée par des millions de personnes qui, à travers les âges, ont toujours été les premières à payer le prix des mutations, de la modernisation, des restructurations, des gains de productivité, de la compétitivité et aujourd’hui de la mondialisation et de la nouvelle économie de l’information.
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Réflexions du manifeste Utopia

L’activité d’Initiatives Solidaires trouve une résonance dans les réflexions du manifeste Utopia, dont voici des extraits de l’avant-propos :

« Nous souhaitons défendre le caractère diversifié des activités humaines indispensable à notre équilibre, qu’elles soient familiales, culturelles, associatives, politiques, amoureuses… Le travail doit retrouver sa « juste place ». Posons donc la question suivante sans ambiguïté : Et si, en défendant un autre idéal, une autre notion de la richesse, une autre vision du monde, la glorification aveugle du mérite et du travail n’avait plus de sens ? Alors, il faudrait accepter de changer de système et de promouvoir un système humaniste où la logique dominante n’est plus marchande, où l’essentiel n’est pas « économiquement mesurable ». Une société où la richesse se définit différemment. » – Manifeste Utopia – Avant propos d’André Gorz – 2008, page 51
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Michel Bauwens : « L’hégémonie du libéralisme a été cassée par le numérique »

L’ECONOMIE DES COMMUNS – TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Entretien

18 octobre 2014 |  Par Jade Lindgaard

On le présente parfois comme le « Jeremy Rifkin de gauche ». Michel Bauwens, 56 ans, est l’un des plus influents théoriciens du pair à pair, cette économie du savoir partagé et des échanges non marchands née dans le monde du numérique. Avec la Fondation Peer To Peer, qu’il a créée, il s’attaque à un nouveau chantier intellectuel et politique : concevoir un modèle de transition vers une société des communs, où l’activité serait collaborative, en partie non marchande, plus écologique et plus heureuse. C’est le projet FLOK Society (« free, libre, open knowledge »), d’abord développé avec le soutien de l’Équateur. Lire la suite