La plus grande richesse

Article « La plus grande richesse », dans lequel Gérard Bureau campe le contexte général du travail et de l’accès à l’emploi pour les plus pauvres dans l’histoire récente de nos sociétés. Article paru dans la revue Quart Monde N°217 (http://www.editionsquartmonde.org)

 

« Tu vois mes mains ? » Cet homme de Noisy-le-Grand, qui avance ses mains sous notre regard en 2000, est en train de nous montrer que leur peau est maintenant trop lisse et trop blanche. Et il termine notre entretien avec ces mots, que nous notons devant lui : « J’ai besoin de travailler, si t’as pas de travail, t’existes même pas, t’es rien, déjà que je suis plus rien… » Et pourtant, il a une longue histoire de plus de vingt ans d’emploi qualifié avant la « dégringolade », pour lui due à la modernisation de son entreprise, qui l’a éjecté. Comme beaucoup d’autres personnes interviewées pour initier avec elles la création de l’entreprise qui deviendra TAE (Travailler et apprendre ensemble)(1), le chômage et la misère semblent cacher à la vue des autres son passé de travailleur, sa compétence et jusqu’à sa volonté de « tenir » au travail. Cette histoire n’est pas nouvelle et est partagée par des millions de personnes qui, à travers les âges, ont toujours été les premières à payer le prix des mutations, de la modernisation, des restructurations, des gains de productivité, de la compétitivité et aujourd’hui de la mondialisation et de la nouvelle économie de l’information.
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